Une page s'est tournée avec la démolition des locaux des Ateliers Mécaniques du Velay - Yssingeaux (43200)

2021-11-16 09:30:22 By : Ms. Loie Huang

Les AMV étaient pour Yssingeaux ce que Michelin est pour Clermont-Ferrand. Une dernière page se tourne pour l'ancienne entreprise phare de la sous-préfecture de la Haute-Loire. La démolition des locaux, devenus une friche industrielle de 8.000 m², au milieu d'un quartier résidentiel est imminente. Une entreprise est en place cette semaine pour débroussailler l'intérieur et désamianter. Les Ateliers Mécaniques du Velay ont rythmé la vie de la commune pendant cinquante ans et dont ils étaient le principal employeur, avec plus de 500 salariés dans les années 1980 (dont le site de Retournac et autres satellites).

Après le dépôt de bilan des AMV en 2009, l'activité a été en partie reprise. Pour l'affûtage par le service AMV à Chambon-Feugerolles, pour les fraises par Kinkelder en Hollande, pour les lames et couteaux industriels par AMV méca, aujourd'hui installée à Saint-Maurice-de-Lignon et dont le chiffre d'affaires a doublé en dix ans. L'entreprise a été fondée en 1958 sous l'impulsion de Marcel Guillaumond, ancien cadre du Creusot Loire devenu maire d'Yssingeaux, de 1971 à 1989. Cet Appelou, fils de mineur, ayant débuté comme ajusteur à Firminy a compris que la coupe marché de l'outillage deviendrait porteur en France. Les AMV ont développé cinq produits majeurs : fraises, scies, segments, scies à ruban, lames et couteaux industriels, lames carbure. Une visite éphémère, la dernière avant que les cadenas ne condamnent définitivement les entrées des locaux, a eu lieu le 24 septembre. Cette visite, la municipalité l'avait voulue festive et artistique : rétrospective en images, exposition photo de la friche, réalisation d'une fresque, électroacoustique musique, danse et voltige. Un mois plus tard donc, le glas des locaux de l'ancien fleuron industriel d'Yssingelais sonnait.

Sans chercher à effacer la mémoire, la nouvelle commune d'Yssingeaux a dû prendre une décision rapide. Les places étaient squattées. Il fallait "saisir une opportunité", selon le maire. La ville s'est saisie de la question de la réhabilitation du site. Il s'agit du premier dossier que Pierre Liogier soumet dans le cadre du plan de relance du gouvernement à la sous-préfète Barbara Wetzel à son arrivée en septembre 2020. En 2009, le site est racheté par des caisses de retraite puis en 2018 par la Semcoda de l'Ain avec l'idée de construire des logements pour étudiants et une école de maroquinerie animée par les Ateliers du Meygal. Cependant, Semcoda, en proie à des difficultés financières, a fini par abandonner le projet. C'est ce même Semcoda qui a construit la maison de retraite Chaussand et a acheté le Sacré-Cœur pour en faire une résidence pour personnes âgées. Pierre Liogier décrit la genèse du projet : « Nous avons approché le groupe Atrium à Saint-Étienne, qui est en charge du dossier. En attendant, la ville a racheté les bâtiments à Semcoda pour 92.000 €. La commune s'engage à les détruire (pour un coût total de 727.000 €) et livre la plateforme à Atrium. Une contribution financière de l'ADEME est attendue dans le cadre du Plan de Relance. Nous avions initialement prévu un coût de construction de 1 million d'euros. Nous avons lancé des études et un plan de déconstruction sérieux. Sur cette base, un appel d'offres a été lancé. Nous avons pu réduire le coût de déconstruction à 686 000 € HT. Impôt. « Cette déconstruction devrait avoir lieu jusqu'en février. Les nouvelles constructions doivent débuter en mars 2022 et être livrées entre juin et septembre 2023.

A l'emplacement des AMV, le nouvel espace sera en partie réservé à l'Ecole Nationale de Pâtisserie voisine (groupe Ducasse de renommée internationale), qui souhaite aménager quatre laboratoires, salles de classe, espaces communs, 24 studios pour stagiaires, gérés par Alliade habitat , bailleur social. Pierre Liogier précise : « L'école accueille des étrangers, des Américains en particulier, qui apprécient de vivre sur le campus. Yssingeaux manque de studios pour les accueillir. Quatre laboratoires représentent 48 stagiaires. Il fallait trouver une solution pour leur trouver un foyer. Cette construction ne créera pas de déséquilibre ni ne nuira aux donateurs privés à Yssingel ». Sur le site devrait également voir le jour, une copropriété de 18 appartements (11 T3, 5 T2 et 2 studios). Egalement une maison d'enfants à caractère social, Les Écureuils. Pour Pierre Liogier : « l'enjeu est important, avec d'autres équipements structurants à proximité, comme le parc de Montbarnier, la réhabilitation de la piscine et le nouveau carrefour de Chenelette dont l'aménagement est terminé ».

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